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📷Combien faut-il de photos dans une série ?

November 2, 2019


Bonjour à tous, ici Laurent Breillat pour
Apprendre la Photo, et bienvenue dans cette nouvelle vidéo ! On m’a récemment posé
une question sur Twitter qui m’a fait penser que je devrais sans doute répondre en vidéo,
car ça ne doit pas être le seul à se la poser. Skitoo me demande donc : Depuis peu, sur les
conseils de Laurent et Thomas, j’essaye de travailler en série. Une question qui me taraude tout de même
et qui, il me semble, n’a pas été abordée, est : comment définir (choisir) le nombre
de photos qui doivent être présentes dans une série ? Comment une personne comme Robert
Frank est-elle passée de 23 000 clichés à 83 ? Pourquoi 83 ? Même si j’imagine qu’il
n’y a pas de règle bien définie, quelques conseils me seraient bien précieux 🙂 La première chose qui m’est venue à l’esprit en lui répondant, c’est qu’il faut différencier série et projet. La frontière n’est pas 100 % nette, mais
en gros, voici comment je les définis : – Une série, c’est un travail photographique avec
un but défini, en général limité dans le temps et dans l’espace. Par exemple, je vous ai présenté
jusqu’à présent sur la chaîne concernant mon travail photographique, plusieurs séries : Venise, Rome, Varanasi, etc. Ce sont des séries photographiques cohérentes visuellement dans
leur thème, leurs choix photographiques et leur propos. Mais elles ont été réalisées en un seul
lieu, et sur un temps limité. À mon sens, c’est la manière la plus simple
de commencer à travailler pour avoir une photographie qui exprime quelque chose de
vraiment personnel, bref une photographie artistique. Et dans ce cas, la réponse à cette question
dépend évidemment du temps qu’on a à consacrer à la série. Cela dit, ça me semble difficile d’avoir
un début de narration sans au moins une dizaine ou une douzaine d’images. Ça peut être plus bien sûr, mais en dessous
de ça, on reste sur sa faim. Notez qu’à Venise en 2018, j’ai choisi d’en
présenter davantage que 12, qui était pourtant le format habituel “imposé” du workshop, simplement parce que c’était le nombre de photos qui me semblait le plus adapté pour ce que je faisais. Donc, ça, c’était la série, et d’autre part vous avez
– Le projet photographique, et pour moi c’est quelque chose qui se construit davantage sur le long terme. Ça peut avoir une fin imposée par des conditions
extérieures (le lieu change, on doit déménager, ce genre de choses), mais ça reste un projet
qu’on travaille de manière régulière, voire quotidienne, et qui s’articule sur un temps
long. Et quand je dis temps long, je ne parle pas
de quelques semaines, mais bien en mois, voire en années. “Les Américains” de Robert Frank dont parle
si justement Skitoo dans son tweet comme exemple, ça lui a pris 18 mois de prise de vue. Et à la fin, il a fait l’édition de son
projet pour arriver à 83 images finales. Pourquoi 83 ? Parce que c’était nécessaire
et suffisant pour exprimer ce qu’il voulait exprimer. Il fallait au moins ça pour exprimer sa vision
de l’Amérique, mais pas plus, sinon il y avait du superflu et des redites. Je ne pense pas que des auteurs se disent
à l’avance “je vais faire un livre de 122 images”, à moins que ça ait un sens particulier pour eux, bien sûr. Si le nombre a un sens, pourquoi pas ? Mais en l’occurrence, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Je bosse sur un projet photographique depuis
février, et je n’en verrai sans doute pas le bout avant plusieurs années. En effet, je dois attendre que les bonnes
conditions soient réunies, saisir l’opportunité à chaque fois qu’elle se présente, et attendre
d’avoir accumulé suffisamment de matière photographique pour produire quelque chose qui tienne debout à mes yeux. C’est une logique différente, mais très
excitante aussi, car l’envergure est tout autre. C’est un processus de création plus calme,
plus organique, moins intense, mais qui prend tout son sens aussi. Vous avez d’ailleurs pu en voir un très bon
exemple récemment avec l’interview de Franck Gérard, avec son projet “En l’état”, qui
est littéralement le projet de sa vie. Donc voilà, je voulais bien vous préciser la différence entre les deux, car ça me semble important que vous la compreniez pour justement répondre à cette question de combien de photos sont nécessaires. Je pense que c’est difficile de commencer
tout de suite par un projet au long cours quand on n’a jamais encore créé de série,
car on n’a pas encore acquis certains réflexes. L’avantage de la série c’est qu’on peut avoir
un résultat assez rapidement, et avoir un feed-back presque immédiat, ce qui nous permet
d’améliorer la prochaine. L’inconvénient, c’est qu’on peut avoir l’impression
de papillonner, et de ne jamais exprimer quelque chose de très profond, de très personnel avec ça. Ce sont deux exercices différents qui ont
tous les deux leur intérêt, sans compter que bien sûr, une série peut se transformer
en projet photographique bien sûr, si vous réalisez qu’elle peut évoluer en quelque
chose de personnel que vous avez envie de développer sur le long terme. Ça peut tout à fait arriver. Voilà, c’est la fin de cette vidéo, pensez
à poser vos questions en commentaire si vous luttez un peu autour de ça, et bien sûr
à mettre un pouce bleu et à partager la vidéo si elle vous a plu ! Si vous découvrez
la chaîne avec cette vidéo, pensez à vous abonner et à télécharger votre guide gratuit
“Osez Composer” pour améliorer la composition de vos photos (et non, on ne parle pas de
règle des tiers bullshit dedans, vous verrez). Le lien est quelque part autour de moi
et dans la description juste en dessous. Je vous dis à plus dans la prochaine vidéo,
et d’ici là à bientôt, et bonnes photos !

8 Comments

  • Reply Rene Verdoux October 27, 2019 at 5:32 pm

    Merci pour tes informations , c'est un sujet d'actualité pour moi.

  • Reply Armand Decorvet October 27, 2019 at 6:09 pm

    Très intéressant, mais j'apporterais en toute modestie une petite précision en ce qui concerne Robert Franck. S'il a été naturalisé américain, il était aussi suisse comme Einstein d'ailleurs ce que l'on semble oublié.

  • Reply Romain POULIN October 27, 2019 at 7:33 pm

    Moi à mon petit niveau je garde en tête la citation de St Exupery « la perfection est atteinte non pas quand il n’y a plus rien à ajouter mais lorsque qu’il n’y a plus rien à retirer… »

  • Reply johnny michiels October 27, 2019 at 7:50 pm

    Une petite remarque, si on fait des séries, il peut être difficile de rentrer dans ses frais car en vendre une, enlève l'aspect série, et plusieurs augmente pas mal le prix 😉

  • Reply Julien Roy Photography October 27, 2019 at 9:43 pm

    Bien résumé, merci 🙂

  • Reply Détective Conan October 29, 2019 at 5:55 pm

    G une question pour faire du gros montage 6k 24ips grace au lumix s1h il me faut quel macbook un i7 avec 16 gb de ram ou un i9?

  • Reply joy October 30, 2019 at 10:10 am

    Merci infiniment pour toutes les vidéo que tu postes. Pour l'instant je sors d'une longue hospitalisation. Stanby donc pour les photos.

  • Reply Françoise L. October 31, 2019 at 4:47 pm

    Ta video fait très bien la distinction entre les deux, cela dit une chose me trouble un peu : un projet est-il fatalement plus personnel qu'une série? ne peut-on aussi mettre beaucoup de soi dans une série?

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